Tom Waits Bad as Me L’univers de Waits est aussi coloré qu’il est tumultueux. Passé maître dans son art, sa musique regorge d’une vivacité qui ne laisse personne indifférent, et
Bad As Me ne fait pas exception. Les chansons sur cet album sautent du jive à la ballade sans dérouter l’auditeur : la succession des morceaux est d’une fluidité impressionnante. Si l’ouverture
Chicago vous donne envie swigner, par contraste, la poésie de la très sentimentale
Last Leaf fonce droit au cœur. Avec chaque morceau parfaitement ancré dans une ambiance sonore propre, tantôt crue, tantôt hermétique, tantôt libérée, Waits ne manque jamais son point et fait de chacun d’eux des petits bijoux musicaux.
Black Keys El Camino Ce qu’il y a de frappant avec les Keys c’est à quel point il en suffit de peu pour de grandes choses. D’ordinaire un duo blues-rock, Dan Auerbach et Patrick Carney s’entourent encore une fois de Danger Mouse à la réalisation et exécutent ici un El Camino très festif. Si l’excellent
Brothers de 2010 voguait sur les vagues du soul,
El Camino marque un retour au son plus rock. Ce qui fait donc la différence avec cette galette, c’est son côté dansant et entraînant. En changeant de ton, les Keys réussissent à ne pas se répéter malgré leurs limitations instrumentales. Riche, efficace, senti.
Thee Oh Sees Carrion Crawler/The Dream EP Des gros riffs rock? Check. Des harmonies vocales? Check. Du gros reverb sale de rock garage? Check et re-check. Les hallucinament prolifiques Oh Sees n’ont pas que le volume de constant, même à deux albums par année. Les chansons de
Carrion Crawler se succèdent en lâchant difficilement le beat. Résultat : dès que notre pied se met à taper parterre on doit s’attendre à danser dans une transe qui ne s’essouffle pas. Un gros must pour les amateurs de rock psychédélique à saveur 60s : il ne suffit que de la délirante
Contraption pour vous convaincre et vous en serez hypnotisés en en voulant plus.
Mononc’ Serge
Ça, c’est de la femme!
Comment ne pas aimer Mononc’? Ah oui… en ayant aucune ouverture d’esprit. Pour tous les autres, il y a ce rockeur philosophe… qui prêche sa pensée à coups de grande vulgarité. Sur Ça, c’est de la femme! , Serge appelle en renfort Peter Paul à la guitare et Ugo Di Vitto à la batterie; combinaison efficace qui regorge de rock cru à saveur stoner et de gros mots. Musicalement, si on se distance du son métal de l’association précédente avec Anonymus, on en perd aucunement la pesanteur. L’ouverture Signe S’es Boules a tout pour faire rougir Lemmy de Motörhead avec sa vitesse et son côté country trash. De là, Mononc’ s’exécute dans ce qu’il fait de mieux en matière de blasphème, jusqu’à la succulente conclusion Sex-Pistolsesque Chanteur Engagé. Oreilles sensibles d’abstenir.