Funeral Blues Mark Lanegan Il y a de ces artistes qui trouvent leur zone de confort et produisent du bon. Mark Lanegan n’est certes pas aussi populaire qu’il le mérite… n'empêche qu'il sait se débrouiller à son compte. Son croon réconfortant vient chercher l'auditeur, peut-être pas aussi bien qu'un certain Tom Waits, mais le résultat demeure le même: on écoute. Lanegan mélange adroitement rock et blues en puisant dans les sonorités de Led Zeppelin, David Bowie, et sans oublier Queens of the Stone Age où il atténue ce côté éclectique en le domptant noblement. La première pièce The Gravedigger's Song entame le bal avec force douce... parce que oui ça ce peut. Mentionnons la pièce Quiver Syndrome qui ferait rougir les Dandy Warhols. Funeral Blues est un album sincère et souple, parfait pour rouler en char les vitres baissées.
WIXIW
Liars
Dans le registre des bands qui osent on retrouve Liars avec un sixième album qui ne va pas sans rappeler l’ambiance sonore que nous avait livré Radiohead avec Kid A et Amnesiac. Pas que Liars ont «fait le virage» vers l’électro; ils n’ont jamais vraiment suivi une «ligne droite» de toute manière. WIXIW est un album plus homogène que le précédent Sisterworld ou même l’excellent éponyme de 2007, mais n’en demeure pas moins que le vibe déstabilisant, marque de commerce du trio, se déguste avec plus de subtilité. Les arrangements des synthés très sobres et minimalistes combinés à des rythmes efficaces ouvrent la voie à un genre de «stoner disco» hypnotisant, dont Flood to Flood et Ring on Every Finger sont les meilleurs exemples. On joue aussi sur l’aspect hermétique des espaces, comme dans la pièce titre où on a l’impression d’assister à un concert d’orgue sur les psychotropes dans une église déchue. Et la très dansante Brats peut rivaliser avec les hymnes de discothèques au gout du jour, tout en espérant un meilleur sort que ces contreparties commerciales. Juste… wow.
There's No Leaving Now
The Tallest Man on Earth
Une émotion sincère et authentique se transmet généralement le plus simplement possible. La voix et la guitare de The Tallest Man on Earth n’ont donc besoin d’aucun support fastidieux pour arriver à insuffler compassion, mélancolie, nostalgie, et j’en passe. Sur There’s No Leaving Now, Kristian Matsson réaffirme le mérite qu’on lui accorde à le comparer à Bob Dylan. Ses mélodies accompagnées de ses textes imagés s’amalgament en un folk riche, introspectif et accrocheur, aussi percutant que celui des huit premiers albums de Dylan, moins le côté engagé de ce dernier. Même si quelques chansons font dans la complainte comme la pièce titre, ou même la très poignante Little Brother, l’angle narratif vient surmonter la tristesse facile de la balade du « cœur brisé » et soulève chaque morceau d’un vent d’espoir réconfortant, notamment grâce aux envolées vocales du plus grand homme sur la Terre. Un album qui vous montre comment vous sentir humain.
LEX Hives
The Hives
On peut laisser tomber les recherches pour une machine à mouvement perpétuel : pluguez-moi de-sur vos dynamos et sacrez-moi LEX HIVES dans les oreilles. Vous m’y verrez bouger et danser comme un mogol jusqu’à ce que mort s’en suive. Parce que voici ce que les Hives offrent album après album : une batterie de rechange survoltée pour votre vie, déchargeant toute son énergie de façon explosive. L’intro Come On ouvre le bal en invitant «Everybody [à] Come On!!!!», suivi immédiatement par le premier simple, Go Right Ahead; vraiment, on ne passe pas par quatre chemins pour vous dire de vous dandiner le péteux. La formule demeure la même : avec des riffs déchaînés, du vocal accrocheur, des rythmes impérieux, le tout livré avec charme et classe, et parfois même humour. Mur de son compris.
--- En spectacle au Métropolis ce 25 juin si vous cherchez une source d’énergie renouvelable.