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The Trotsky

Publié le 2011-03-06 par Éloi Mayano-Vinet dans la catégorie Cinéma.
Étiquettes: Cinéma Québécois trotsky tierney baruchel comedy 
The Trotsky

La critique d'Éloi du film le Trotsky.

À l’heure où, dans le cinéma, tout se doit d’être remake, adaptation, actualisation, suite, etc., un film comme The Trotsky du Montréalais Jacod Tierney fait vraiment plaisir à voir. Le film, bien que pas sans défaut, est d’une fraicheur et d’une authenticité qui fait plaisir à voir, spécialement dans le contexte du cinéma québécois. Tout d'abord, en raison de son genre, la comédie, qui est pratiquement inexistant de notre cinéma dit d’« auteur » national et ensuite, de par son portrait touchant et amusant d’une autre facette jamais montré dans notre cinéma national, la communauté anglophone.

Nous nous faisons donc raconter l’histoire d’un jeune garçon, Léon Bronstein (Jay Baruchel, sublime), qui est convaincu d’être la réincarnation du révolutionnaire russe Léon Trotsky. Lors de son passage de l’école privée à l’école publique, il actualisera le combat de son héro en voulant introduire un syndicat au sein de son école secondaire et tentera le tout pour le tout pour qu’une femme (Emily Hampshire) nommée Alexandra (le nom de la première femme de Trotsky) tombe amoureuse de lui.

Voilà enfin un film qui ne doit rien (ou si peut) à des œuvres précédentes. Si au départ, on peut sembler un peu confus par le personnage plutôt antipathique de Léon, nous nous attachons rapidement à lui et l’absurdité comme l’authenticité du récit vient rapidement nous chercher.

Le milieu anglophone est originalement représenté et vient représenter l’opposer de la fracture qui existe de chaque côté de la main. Les clins d’œil (peut nombreux) sur l’opposition anglos-francos sont très sympathiques et . Le milieu de l’école secondaire est par ailleurs représenté de façon très attachante. Les jeunes veulent sortir, fumer, boire, mais sont également très allumés (sur la justice sociale) et cultivés (ils vont à la rétrospective Ken Loach à la Cinémathèque). Quel que soit le niveau de justesse du portrait, cette ambivalence représente tout de même bien cette génération, du moins de façon plus touchante et juste en mon sens que lorsque l’on tend vers l’un (American Pie) ou l’autre (Ken Park) des excès.

Jay Baruchel, dans le rôle-titre, est à tout point de vue efficace, quoique, comme dans J’ai tué ma mère, il semble par moment trop vieux et cadrer plus ou moins avec le reste des jeunes de son école secondaire. Les autres personnages gravitant autour de lui sont efficaces, spécialement Colm Feore dans le rôle du directeur de l’école, mais c’est véritablement autour de Baruchel que le plaisir et le récit tourne.


***1/2